Le fait du prince

Dans une note adressée à l’ensemble de la chaîne « managériale » – terme auquel nous préférons celui de « hiérarchique » moins ronflant et plus adapté à l’idée que nous nous faisons de la Fonction publique – le directeur général des services de la Ville Joël Raffin assoit son pouvoir en matière d’avancement de carrière des agents. Il y indique que la procédure d’avis de la hiérarchie fait l’objet d’un « ajustement ».

Désormais les avis des chefs de services, des directeurs et directeurs généraux adjoints dans le choix d’avancement de carrière de leurs agents ne pèseront plus grand-chose dans la balance. La chaîne « managériale » est invitée à prendre position seulement en cas d’avis divergent et uniquement en cas d’absence de quota. Pour enfoncer le clou, il précise à l’ensemble des destinataires de cette note que « l’avis transmis n’est qu’une proposition d’avancement soumise à validation de la direction générale ». C’est toute la chaîne hiérarchique sur laquelle le directeur général des services s’assoit qui est ainsi désavouée et sommée de se mettre au garde-à-vous, le doigt sur la couture du pantalon.

Avec le management à la sauce Joël Raffin, nous nous trouvons face à un système discriminatoire et clientéliste

Une question vient immédiatement à l’esprit : comment Joël Raffin peut-il apprécier le travail des agents sans les connaître et sans tenir compte de l’avis pourtant éclairé de la hiérarchie en place, à commencer par les chefs de services ? Son intuition ? Un don de voyance insoupçonné ? Plus certainement l’arbitraire. La chaîne hiérarchique, celle qui côtoie les agents chaque jour, qui est en capacité de juger de leur efficacité et d’évaluer leur professionnalisme devra de fait assumer les choix venus d’en haut, ces décisions arbitraires prises au sommet de l’administration.

Nous n’avons de cesse de le répéter : nous sommes pour un service public de qualité avec des moyens s’appuyant sur un modèle humain performant basé sur la confiance, respectueux de la chaîne hiérarchique et de l’ensemble du personnel, un modèle porté par l’éthique dans l’intérêt général. Avec le management à la sauce Joël Raffin, nous nous trouvons face à un système discriminatoire et clientéliste. Ainsi lors de la dernière Commission Administrative Paritaire un poste de rédacteur était ouvert à la candidature de 78 agents qui remplissaient les conditions pour prétendre à cet avancement. Sans que le moindre argument n’ait été posé et sans qu’il puisse être possible d’en discuter, c’est la secrétaire du maire qui a été nommée. Voilà une méthode managériale inédite parfaitement injuste et qui mérite un carton rouge.

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