Élections professionnelles : la peur ne doit jamais gagner

Intimidation, manipulation, « arrangements »… Ce jeudi 25 octobre, jour de clôture pour le dépôt des listes des syndicats aux élections professionnelles, et le jour suivant, vendredi 26, nous avons vécu un scénario digne de ces films de série B où tous les coups tordus sont de mise, au mépris de la loi. Les faits sont graves, nous nous efforçons de vous les rapporter avec autant de justesse que possible.

Le titre de cet article pourrait être considéré comme racoleur ou exagéré, croyez-nous, nous avons des raisons de croire qu’il ne l’est pas. Loin de nous la volonté de caricaturer ce qu’il se passe au sein de la Ville d’Aubagne. Après 4 ans sous l’ère Gazay, les agents municipaux savent bien qu’il n’est pas nécessaire de forcer le trait lorsqu’on évoque les méthodes de l’équipe de direction municipale. Jugez-en par vous-même.

Ce jeudi était la date limite pour le dépôt des listes de candidats pour les élections professionnelles du 6 décembre prochain. Les 3 listes en lice – CGT, CFTC et FSU – étaient soumises au même impératif : déposer leurs listes respectives à la DRH avant 17h.
Disons-le clairement : boucler les listes a été une course contre la montre, les 3 syndicats peinant à présenter des candidats dans chacune des catégories (C, B et A). Pas pour les même raisons, mais avec un dénominateur commun : la peur. Vous allez comprendre un peu plus loin.

Ce jeudi donc, notre syndicat – la CGT – dépose ses listes à la DRH à 16h. A 16h45 la FSU se présente à son tour pour déposer les siennes, suivie de près par la CFTC. Tout le monde est dans les temps.

Premier acte  : nous découvrons dans la boite mail du syndicat un message adressé à la DRH (nous sommes en copie du mail), envoyé à 16h50 (l’horaire, vous l’aurez compris, a son importance). C’est un message de l’une de nos candidates en catégorie A informant qu’elle jette l’éponge. Soit. Une défection de dernière minute, ça peut toujours arriver, et n’en connaissant pas les raisons, il ne nous appartient pas de juger de cette décision inattendue.
Mais lorsque nous apprenons que notre ex-candidate a été reçue, une heure à peine avant l’envoi du mail fatidique, dans un bureau des services techniques, nous sommes pour le moins en droit de nous poser des questions. Que s’est-il passé pour qu’en moins d’une heure elle prenne cette décision radicale et lourdes de conséquences ?

Et par ailleurs, comment les personnes qui l’ont rencontrée ont su qu’elle était candidate sur la liste CGT ? Nous n’avons eu connaissance des listes officielles des candidats de tous les syndicats que vendredi soir…

Deuxième acte  : ce même jour, à 19h30, Chantal Escoffier, la directrice des ressources humaines, appelle Luc Borghesani, notre secrétaire, pour l’informer que certaines de nos listes sont invalides – nous le savions pertinemment pour la CCP en catégorie C où nous n’avions que 2 candidats sur 4, nous venions de l’apprendre pour celle de catégorie A – tout comme pour les deux autres syndicats. Elle lui annonce alors que l’administration a décidé d’accorder à l’ensemble des listes un délai supplémentaire de 24h pour pouvoir les finaliser. Il aurait pu être tentant d’accepter une telle proposition, alors que nous nous retrouvions avec une liste invalide pour la catégorie A. Mais cette étrange magnanimité venait attester avec éclat que le très sévère coup de pression mis sur notre candidate n’avait d’autre finalité que cette manœuvre grossière.

Nous décidons de refuser ce délai supplémentaire et exigeons par mail de s’en tenir au délai fixé par la réglementation (calendrier électoral national consultable).

Troisième acte : Vendredi matin, dès 8h30, deux de nos représentants sont en DRH pour confirmer ce refus et faire valoir le droit. Quelques minutes plus tard, ils voient arriver le représentant de la CFTC. Les apercevant, il décide de rebrousser chemin.

Après avoir veillé à empêcher toute tentative de modification au cours de la matinée, nous décidons, dès 11h, de mandater un huissier de justice pour qu’il vienne attester de l’état des listes telles que déposées la veille. Ceci afin de s’assurer qu’aucune modification n’y serait apportée dans la journée et celle du lendemain .

A 14h15, le clerc de l’huissier de justice Bagnol (d’Aubagne) arrive à la DRH pour photographier les différentes listes. Pourtant prévenue, Chantal Escoffier ne daigne pas venir accueillir le clerc. 25 minutes plus tard, elle finit par se présenter au représentant du cabinet d’huissier, lui demandant de décliner son identité et les raisons pour lesquelles il était là… pour finalement lui signifier son refus que soient photographiées les listes, indiquant qu’elles seraient rendues publiques conformément à la réglementation le 27 octobre (sans préciser l’horaire).

La peur ne doit jamais gagner

Au bout du compte, ces faits, qui pourraient ne représenter que quelques faisceaux demanipulation_001 plus de faits que nous constatons depuis maintenant 4 ans, sont cependant suffisamment concentrés et graves pour qu’ils nous amènent à poser les questions qui fâchent. Nous vous parlions plus haut de la peur comme facteur constitutif des listes, avec des effets bien différents selon les syndicats. D’un côté la peur de représailles (promotions bloquées, mise au placard…) qui a fait renoncer plus d’un agent à se présenter sur nos listes (nous reviendrons sur le traitement particulier qu’ont pu recevoir nos représentants en CAP notamment). D’autre part – ou simultanément – la peur comme moyen de pression (non-renouvellement de contrat, arrêt de certains avantages…) pour « inviter » tel ou tel à se présenter « spontanément » sur les listes de la CFTC.

Alors oui, nous nous autorisons à nous interroger sur les moyens employés par certains pour arriver à leurs fins. Les témoignages dont nous disposons sont nombreux et concordants. Ce qui s’est passé jeudi après-midi avec notre candidate est emblématique et effrayant.

Ces méthodes et ce climat sont détestables, inadmissibles, antinomiques avec l’esprit républicain. Rien ne peut les justifier. Nous sommes plus que jamais décidés à les combattre, et plus que jamais nous avons besoin de vous, de votre soutien et de vos témoignages. La peur ne doit jamais gagner.

Pour bien saisir les enjeux locaux des élections professionnelles, nous vous invitons à lire notre article publié le 2 octobre en cliquant ici

4 Commentaires

  • Ce qui s’est passé est très grave, mais je voudrais attirer l’attention de tous les agents de la ville même si certaines personnes se disent que l’on va faire un gros score lors de ces élections. Cela permettrait de montrer que ce qu’ils font n’est pas correct du tout. Ce n’est pas dans mes habitudes d’inciter les gens à adhérer à notre syndicat , MAIS SEULE UNE SYNDICALISATION MASSIVE NOUS PERMETTRA D’AVOIR UN RAPPORT DE FORCE CONSÉQUENT. Car dites-vous bien que peu importe les promesses qu’ils vous feront, tôt ou tard nos droits seront attaqués.

  • Employer des méthodes aussi viles révèle un état de fébrilité inquiétant à la tête de notre ville. C’est le branle-bas de combat dans les étages et les chiens de garde s’agitent. Qu’est-ce qui les rend si nerveux ? La perspective sans doute de voir les élu(e)s CGT plébiscité(e)s par les agents municipaux pour leur travail sur le terrain auprès des collègues, beaucoup trop près à leur goût. Eux, ils préfèrent des syndicalistes dociles et discrets comme l’ont été les délégués CFTC pendant les quatre années du mandat qui se termine, tellement discrets qu’on a fini par oublier qu’ils étaient mandatés pour soutenir les collègues en difficulté.

  • Cher- e- s défenseur du service public.
    Je constate une fois de plus que la démocratie n’a jamais été un fleuve tranquille, les méthodes de passe-passe ou que je t’embrouille finissent toujours par une chute libre au fond un ravin.
    Je suis entièrement d’accord avec votre commentaire que les masques sont tombés définitivement le jeudi 25 à 17h, entre les vrais défenseurs de l’intérêt général et les vrais défendeurs de l’intérêt personnel et individuel.
    Moi j’ai fait mon choix seul l’intérêt général qui compte même s’il le faut au détriment de ma carrière personnelle.
    Pour cela permettez-moi de dire que je crois à l’intelligence des agents comme à l’intelligence collective, comme disait l’autre, nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.
    Donc pour ma part les agents qui connaissent bien leur statut sauront le défendre en renouvelant leur confiance à la CGT. 😠
    Bon match.

  • Les méthodes de répression utilisé par une administration soumise à une volonté de détruire la défense des agents et la pression ou les carottes qui sont proposé à des agents il ne rassemble pas il stigmatise et divisé la démocratie n’est plus assurés a aubagne le respect des lois est la première obligation mais ils s’y assoie dessus sans vergogne

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