Ambroize Croizat, « ministre des travailleurs »

L’espace Ambroise Croizat est connu pour la plupart des agents municipaux de la ville d’Aubagne. Situé dans l’ancienne caserne des sapeurs-pompiers, c’est un lieu où se déroulent des réunions, des formations, des commissions. Mais qui était Ambroise Croizat ?

Né en 1901 en Savoie il est devenu ajusteur à 14 ans. Il adhère à la CGT, à la SFIO puis entre au Parti Communiste dès sa création en 1920. Il en sera permanent en 1925 avant de devenir membre du comité central. En 1928, il devient secrétaire de la fédération de la métallurgie CGT. Puis il est élu député du PCF en 1936.

Arrêté en 1939 avec d’autres députés communistes, il est déchu de son mandat et condamné à 5 ans de prison. Emprisonné à Alger, il sera libéré en 1943 lors du débarquement des alliés en Afrique du Nord et fera partie de l’Assemblée Constitutive d’Alger.

En mai 1944, le Conseil National de la Résistance souhaite développer un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail.

C’est la création de la Sécurité Sociale

Dès le printemps 44, un groupe impulsé par Ambroise Croizat, dans le cadre de l’Assemblée Constitutive d’Alger réfléchit et propose les grandes lignes de ce futur projet. Ambroize Croizat est assisté par Pierre Laroque, résistant et haut fonctionnaire. Ils s’inspirent d’un rapport publié en 1942 par Beveridge, un britannique qui préconise à travers une charte de «  l’État providence  » de lutter contre l’absence de ressources, la maladie et la vieillesse. Ce travail aboutira à la mise en place des grandes lois sur la Sécurité Sociale (ordonnances d’octobre 1945).

Nommé ministre du Travail dans le gouvernement sous de Gaulle de novembre 1945 à janvier 1946, il sera ensuite ministre du Travail et de la Sécurité Sociale de janvier à décembre 1946. C’est à lui que nous devons les grandes lois sur les projets de CE, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail ainsi que le régime des prestations familiales…

Surnommé le «  ministre des travailleurs  », il fait aussi voter des lois sur les congés payés des jeunes travailleurs, la rémunération des heures supplémentaires, l’égalité des salaires hommes femmes… Écarté du gouvernement en 1947 – comme les autres ministres communistes – il continuera son action de syndicaliste et de député, se dépensant sans compter pour bâtir la Sécu. Il est décédé en 1951, à l’âge de 50 ans.

Une conférence de Michel Etiévent avec la participation de la fille d’Ambroise, Eliane Croizat.

Michel Etiévent est l’auteur de « Ambroise Croizat, ou l’invention sociale », la première biographie du père de la Sécurité Sociale, ministre du travail à la Libération et auteur d’un héritage impressionnant de réalisations sociales.

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