Aubagne : les Services techniques à l’abandon

Les conditions de travail des agents des Services techniques de la Ville d’Aubagne se dégradent de plus en plus. Même si cela n’est pas flagrant aux yeux de la population Aubagnaise, certains services peinent à mener leurs missions dans de bonnes conditions.

Au moment où le directeur général des services de la Ville d’Aubagne parle de « rigueur » et de « respect » dans l’exercice des fonctions des agents territoriaux d’Aubagne – mots clefs entendus lors des vœux au personnel – il nous est apparu nécessaire de dresser un état des lieux des Services municipaux. À commencer par les Services techniques dont l’état des lieux est préoccupant. Le constat est triste et alarmant. Il témoigne à la fois d’un manque de rigueur dans la gestion du bien public et du peu de considération accordée au travail des agents dans l’exercice de leurs missions.

Le manque de moyens financiers et matériels a des répercussions sur les conditions de travail des agents du service public et la qualité des services rendus à la population. Sans être exhaustif, un inventaire rapide des Services techniques permet de prendre la mesure de l’état critique dans lequel ils se trouvent.

À commencer par le parc automobile qui éprouve les pires difficultés à entretenir ses véhicules. Mauvais payeur, la Ville d’Aubagne perd la confiance de ses fournisseurs. À tel point que les mécaniciens doivent s’en remettre au système D : des pneus et des ampoules sont démontés d’un véhicule pour être remontés sur un autre afin qu’il puisse passer au contrôle technique. Ces pratiques sont-elles de bonnes conditions de travail pour des mécaniciens ? Le doute n’est pas permis.

Allons voir plus loin du côté du Service Voirie. Ça n’est pas mieux : son effectif fond comme neige au soleil sans que cela n’émeuve l’administration municipale qui espère sans doute refiler le bébé à la Métropole. Deux agents partis à la retraite n’ont pas été remplacés et un troisième agent mis à disposition est parti voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Avec seulement deux chauffeurs poids-lourd, ce service est contraint de faire appel à des renforts auprès d’autres services.

Le manque de moyens financiers et matériels a des répercussions sur les conditions de travail des agents du service public et la qualité des services rendus à la population.

Du côté du Service Manutention, c’est le matériel qui vient à manquer car trop vétuste. Le service est obligé de louer à des sociétés privées ce matériel utilisé lors des grands évènements qui jalonnent la vie aubagnaise. Et personne ne nous fera croire que l’on réalise ainsi des économies. Ici comme ailleurs, on marche sur la tête. Symbole de cette gestion hasardeuse : les sacs plastique qui servaient à conditionner les glaçons utilisés lors des grands évènements ne sont même plus fournis. Les agents, quant à eux, doivent faire des pieds et des mains pour obtenir des vêtements de travail.

L’herbe n’est pas plus verte du côté du Service des Espaces Verts où le manque d’outils se fait cruellement sentir. Il mériterait pourtant davantage de moyens : Aubagne n’est-elle pas labellisée « Ville Fleurie » ? Elle pourrait perdre ses pétales si on n’y prend pas garde. L’entretien des ronds-points et des jardins publics a été cédé à des entreprises privées et il n’est pas certain que cela contribue là aussi à faire des économies, le service public – rappelons-le – n’étant pas soumis à réaliser des bénéfices. Symbole sur ce terrain de la démission de l’administration municipale : un seul élagueur pour une ville de 47000 habitants dont la superficie est de 54,9 km².

On s’interroge aussi sur la gestion du Service Maintenance qui compte dans son effectif des plombiers, des électriciens, des serruriers, des maçons, de métier et ou de formation, qui se démènent pour maintenir les bâtiments communaux dans un état plus que raisonnable. Ce service rencontre souvent la problématique des bons de commande qui ne sont pas engagés, ce qui pose des difficultés à son bon fonctionnement. C’est aussi un service où l’on ne remplace pas les agents qui partent à la retraite, ce qui amène la Municipalité à confier certains travaux à des entreprises privées. Comble du ridicule, c’est le Service Maintenance qui est appelé ensuite lorsqu’il y a un problème ou une réparation à effectuer… En matière d’économies, on fait mieux.

Enfin le Service Nettoiement comme le Service Voirie est abandonné à une gestion catastrophique pour justifier un départ chez l’ogre métropolitain. On compte dans ce service plus d’encadrants que d’agents et il rencontre un problème récurrent d’absences, problème bien évidemment mis sur le dos des agents sans que l’on se pose trop de questions auxquelles il faudrait trouver des réponses. Mais comment remotiver des agents désabusés ? N’est-ce pas le rôle des responsables de services ? Beaucoup de citoyens ont une mauvaise image de ce service mais peu d’entre eux en connaissent les vraies difficultés. L’accumulation des déchets lors du conflit de la Cuisine centrale a démontré l’ampleur quotidienne et la nature de la tâche des agents de ce service. Soumis à des horaires décalés, ils mériteraient que l’on reconnaisse la pénibilité de leurs missions qui imposent des contraintes en matière de salubrité et cela va sans dire d’hygiène, sans parler du temps passé dans des véhicules bruyants et aussi mal entretenus.

Cet état des lieux – non exhaustif, rappelons-le – ne saurait exprimer le sentiment d’abandon de nombreux agents qui continuent à assurer leurs missions de service public du mieux qu’ils le peuvent, parfois dans des conditions de sécurité et d’hygiène insuffisantes, tout en étant témoins de la dégradation de leurs conditions de travail. Il est d’autant plus vif qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs que dans le champ de l’action syndicale le moyen de l’exprimer : les entretiens annuels individuels et les réunions de service ont quasiment disparu. Difficile ainsi d’améliorer quoi que ce soit sans concertation. Il ne s’agit pas seulement d’un problème « managérial », un bien grand mot compte-tenu de la situation de l’organisation du travail. Il s’agit là, de toute évidence, de la volonté de réduire les services à la population à leur portion congrue.

Pour quelle économie et au bénéfice de qui ? La « rigueur » et le « respect » ne semblent pas être là les mots judicieux.

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