Égalité au travail : les femmes mises à l’index

Le chemin est long et semé d’embûches vers l’égalité homme-femme au travail et ce ne sont pas les mesures prises très récemment par le gouvernement qui vont modifier la donne. Pourtant tout le monde aurait à gagner à promouvoir cette égalité.

Pour lutter contre des inégalités toujours existantes, alors qu’elles sont illégales depuis 46 ans, le gouvernement a décidé de mettre en place un « index de l’égalité salariale hommes-femmes » (*), une note globale sur 100 décomposée en cinq critères. Il s’agit d’un outil de calcul des salaires, pour d’abord se rendre compte des injustices au sein d’une entreprise, et ensuite pour les corriger.

Si aujourd’hui, seules les entreprises de plus de 1.000 salariés sont obligées de publier leur index de l’égalité, à partir de 2020 toutes les entreprises de plus de 50 salariés devront le faire, et mettre à jour leur index tous les ans, avant le 1er mars de chaque année. Si l’entreprise passe sous la barre des 75 points, elle aura trois ans pour améliorer la situation, faute de quoi elle passera à la caisse. Il est prévu que la sanction puisse aller jusqu’à 1% de la masse salariale.

Ces mesures suffiront-elles à rattraper le retard en matière d’égalité au travail ? Rien n’est moins sûr. Car les inégalités dont sont victimes les femmes ne se résument pas à une ligne en bas de la fiche de paie. Si l’écart salarial moyen avec leurs homologues masculins est de 26% (19% dans la fonction publique), les femmes représentent 82% des salariés à temps partiel. Seulement 17% des métiers sont mixtes et 63% des salariés payés au Smic sont des femmes. Dans les faits cette égalité est loin d’être gagnée. D’autant plus que depuis 1972 la loi a gravé dans le marbre le principe d’un salaire égal pour un travail de valeur égal et que seulement 0,2% des entreprises prises à défaut ont été sanctionnées. La vigilance s’impose donc pour ne pas qu’une fois encore l’égalité professionnelle soit réduite à de belles annonces sans résultat concret.

L’égalité salariale provoquerait une augmentation du Produit Intérieur Brut (PIB) de 6,9% soit la bagatelle de 150 milliards d’euros

Pourtant tout le monde aurait à gagner à promouvoir cette égalité et à la mettre en place de manière concrète et définitive. L’égalité salariale provoquerait une augmentation du Produit Intérieur Brut (PIB) de 6,9% soit la bagatelle de 150 milliards d’euros, ainsi qu’une hausse des recettes publiques de 2% et une baisse des dépenses de 0,5%. En outre, l’égalité salariale entraînerait 34 milliards de recettes fiscales supplémentaires (impôt sur le revenu, tva…) dont 28 milliards d’euros pour les ménages et 5 milliards d’euros pour la caisse nationale assurance vieillesse.

En première ligne sur le front de la lutte pour l’égalité, la Cgt réclame en outre la revalorisation des métiers à prédominance féminine, le renforcement des condamnations des employeurs en cas de discrimination et notamment en cas de récidive, la réduction des temps partiels de moins de 24 heures par semaine, la protection des femmes enceintes, l’allongement des congés maternité et paternité, un service public de prise en charge de l’enfance et de la perte d’autonomie. Et pour aller plus loin vers l’émancipation des femmes : la mixité des filières de formation, un accès libre et remboursé à la contraception et à l’IVG sur tout le territoire ainsi que le maintien de la pension de réversion sans plafonnement. Autant de mesures qui, si elles étaient prises, permettraient enfin de parler sans faux semblant d’une véritable égalité homme-femme dans le monde du travail.

(*) Dans le détail, cinq critères de notation sont calculés (quatre critères pour les entreprises de moins de 250 salariés, les critères numéro 2 et 3 étant fusionnés).

1 – Les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, sur 40 points
2 – La différence entre les augmentations individuelles des femmes et les augmentations individuelles des hommes, sur 20 points
3 – La différence entre les promotions des femmes et les promotions des hommes, sur 15 points
4 – Le pourcentage de salariées ayant bénéficié d’une augmentation en rentrant de congé maternité, sur 15 points
5 – Le nombre de salariées parmi les 10 plus hautes rémunérations, sur 10 points

Lire aussi :

Pourquoi l’index d’égalité salariale est une avancée qui ne résout pas tout

L’index d’égalité salariale, qui entre en application le 1er mars, est calculé sur la base de cinq critères, mais ne tient pas compte des disparités de carrières entre les femmes et les hommes.

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