Les pauvres ? Qu’ils se démerdent !

« Les pauvres ? Qu’ils se démerdent ! », qui a dit ça ?

Arnaud Lagardère lors d’une réunion d’actionnaires autour d’un repas arrosé de raisins fermentés en provenance de Saint Emilion ? Laurent Wauquiez lors d’un échange courtois entre gens de bonne naissance pendant un repas familial dans la cour du manoir de Baucé (propriété de Fillon) ou le manoir de Montretout (propriété familial des Le Pen) ? François Hollande lors d’une discussion sur les « sans dents » avec Valérie Trierweiler ? Fabien Engelmann maire FN de Hayange lors d’un conseil municipal expulsant le secours populaire de son local ? Eric Brunet sur RMC qui nous explique qu’il faut sauver les banques, ménager les actionnaires et privatiser les services publics pour ne pas voir les riches fuir en Suisse dans leur Ferrari ? Jean-Michel Apathie (qui en fait preuve à défaut d’empathie) dans ses chroniques dégoulinantes de réflexes bourgeois qui lutte pour préserver ses avantages et ses privilèges ? Emmanuel Macron qui se lâche en famille autour d’une bonne raclette à la Mongie ?

En tout cas, c’est ce que nous renvoie le traitement de l’actualité dans les journaux et les médias grands publics.Alors que nous réclamons plus de justice social, les images d’un Fouquet’s en feu tourne en boucle!
Les violences dont ont été la cible quelques symboles de luxe (restaurants, bijouteries, banques) ont heurté les chiens de garde et leurs maitres (Nous nous joignons à ce grand mouvement de contestation et de solidarité et présentons nos condoléances aux familles des vitrines). Alors, à les écouter, quelles seraient leurs solutions ?

Pour la santé : si t’es riche tu prends, une bonne mutuelle et prends rendez-vous en clinique privée, si t’es pauvre, va faire la queue aux urgences de l’Hôpital public, si tu le trouves : tu es reçu par un médecin urgentiste qui en est à sa 86ème heure de garde, tu repars avec une ordonnance pour aller chercher ton traitement en pharmacie parce qu’il n’y a plus de médicaments à l’Hôpital, et tu prends rendez-vous avec ton médecin traitant pour l’arrêt maladie que tu envoies à ton exploiteur. Et si tu n’es pas dans les délais la sécurité sociale ne te rembourse pas. Si c’est un accident du travail, bon courage pour le faire valoir.

Pour les salaires : si t’es riche, un bon portefeuille d’actions, si t’es pauvre, estime toi heureux si tu travailles ; si en plus t’as un salaire c’est la panacée, et si il est déclaré t’es le roi du quartier !

Pour l’emploi : si t’es riche, cherche un emploi fictif, si t’es pauvre, travaille deux fois plus pour financer l’emploi fictif.

Pour manger : si t’es riche, c’est resto gastro, si t’es pauvre, c’est resto du cœur

Pour se loger : si t’es riche, investit dans les taudis, si t’es pauvre, trouve toi un taudis

Pour les trajets : si t’es riche, achète-toi un jet privé, si t’es pauvre, demande à ton voisin de te prêter sa 205 avec le feu arrière cassé et le pot d’échappement percé.

Après la sécurité sociale, les allocations chômage, l’État s’attaque aux retraites. Tout ce qui fait notre protection sociale, qui crée du lien en organisant la solidarité est découpé en morceaux et revendus au privé. Dernier acte de ces bandits à cols blancs, la privatisation de l’énergie, des Aéroports et de la Française des Jeux.

La France a autant, voir plus, privatiser que la Grèce depuis 2009, à voir le résultat chez nos camarades Helléniques, on n’a pas besoin d’une phase de test pour voir que ça ne marche pas.

Alors que l’urgence sociale, écologique exige un changement total de politique, les mêmes recettes ultra-libérales continuent d’être imposées à la population qui n’en peut plus des inégalités et qui réclame jour après jour plus de justice sociale, salariale, plus de partage et de solidarité.

Ce qui est exigé, ce n’est pas un pacte social mais une révolution politique, économique et écologique. Alors, il est urgent de sortir de nos archives le Conseil National de la Résistance :

En 1945, conformément au programme du Conseil national de la Résistance, la Sécurité sociale était mise en place pour exprimer et promouvoir la réconciliation de la société avec elle-même : «Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction entre les possédants sûrs d’eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse à tout instant la menace de la misère.» On lâchera rien !

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