Ville d’Aubagne : le temps du mépris

Le respect des partenaires sociaux n’est décidément pas le point fort de l’administration municipale. En mettant en œuvre sans concertation avec les élus du personnel son projet baptisé pompeusement « l’entretien professionnel au cœur des ressources humaines », la Direction des Ressources Humaines a fait une nouvelle fois la démonstration qu’elle s’est coupée du cœur de son métier qui réclame, entre autres qualités, une réelle capacité d’écoute.

En janvier 2019, la direction des ressources humaines (DRH) avait annoncé son intention de créer un nouveau dispositif concernant l’entretien professionnel annuel et la mise en place de critères de promotion en Commission Administrative Paritaire (CAP), une requête formulée quelque temps auparavant par les délégués CGT. Le maire d’Aubagne et président de la CAP, Gérard Gazay, avait alors invité la directrice des ressources humaines à mettre en œuvre rapidement des réunions de travail à ce sujet. S’agissait-il alors d’un effet d’annonce, d’un coup de bluff du maire ? Pouvons-nous imaginer un seul instant que le premier magistrat de la commune n’a aucun pouvoir sur son administration ? Toujours est-il que ces réunions n’ont jamais été programmées. Au lieu de cela, la DRH qui apparaît aujourd’hui comme un bunker coupé des relations avec les représentants du personnel a fait parvenir son projet baptisé « l’entretien professionnel au cœur des ressources humaines » qu’elle prétend vouloir « tester » à l’occasion de la prochaine CAP le 28 juin.

Au dialogue social, l’administration municipale préfère la politique du bulldozer

Mis en place sans concertation avec les élus du personnel, ce projet placé au cœur de plusieurs dispositifs dont le nouveau régime indemnitaire (lire notre sujet précédent) intéresse pourtant directement les agents et, a fortiori, leurs représentants. Il aura des conséquences directes sur l’évolution professionnelle des uns et des autres. Mais l’administration municipale n’en a cure. Au dialogue social, elle préfère la politique du bulldozer, un choix contreproductif qui ne tient absolument pas compte des propositions émises par nos organisations syndicales. Pire, il dénote une immaturité dans le traitement des relations avec les élus du personnel auxquels l’administration a posé des obstacles pour les empêcher de se saisir de ce dossier.

C’est donc à marche forcée que l’administration impose aujourd’hui sa version de l’entretien professionnel, un « test » ne pouvant se prévaloir d’une mise en œuvre réelle que chacun d’entre nous a pu constater et qui s’est imposée aux agents dans l’opacité la plus totale, la chaîne hiérarchique n’ayant même pas été informée des changements. Cette improvisation est tout fait consternante. Elle montre le chemin qui reste à parcourir pour que le dialogue social soit enfin compris comme une nécessité et le gage d’une construction collaboratrice pertinente et efficace.

Malgré l’absence de concertation, les élus Cgt ont poursuivi leur travail et transmis leurs propositions. Elles tiennent compte, en partie, des sous-critères d’évaluation des compétences proposés par l’administration. Certains ont été supprimés ou modifiés, d’autres ajoutés afin de permettre une évaluation des compétences plus précise. Une place importante a été accordée à l’expertise des agents qui ne sont pas en situation d’encadrement.

S’agissant des critères CAP, les élus du personnel se sont inspirés des Centres de Gestion (CDG). Ils permettent, dans le cadre de la promotion interne, de présélectionner les agents, parmi celles et ceux promouvables, en tenant compte de l’ancienneté, de la formation et de l’âge. C’est à partir de cette « short list » que les entretiens professionnels seraient par la suite examinés par les Directions Générales Adjointes respectives, afin de définir un ordre de priorité des agents avant une décision au sein de la Direction Générale.

Malgré l’évidente volonté d’écarter les élus du personnel de la construction de ce projet de réforme de l’entretien professionnel, les représentants des syndicats employés et cadres Cgt ont réitéré leur offre de rencontre avec l’administration municipale, l’idéal étant que celle-ci puisse se dérouler avant la prochaine CAP du 28 juin 2019 qui aura, rappelons-le, valeur de « test » pour la DRH. À moins qu’elle ne se transforme par l’inconséquence de sa conduite en un véritable « crash-test »…

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