Une réforme des retraites pour baisser les pensions

Si la réforme Macron du système des retraites venait à entrer en œuvre elle constituerait une formidable régression sociale pour l’ensemble des salariés. En cause ses deux principaux mécanismes : la retraite par points et le régime unique. Décryptage.

Le 24 septembre, à l’appel de la CGT, de Solidaires, de la FSU et de syndicats étudiants et lycéens, plus de 150.000 personnes ont manifesté dans plus de 170 villes de France pour un régime de retraite par répartition solidaire et intergénérationnel.
Une première mobilisation après la présentation, cet été, du rapport Delevoye qui préconise de remplacer le système actuel par trimestres de cotisation à celui par points et de faire converger les différents systèmes de retraites dans un seul régime. Ce rapport servira de base aux textes de lois que le gouvernement entend faire adopter avant l’été.

La retraite par points première arnaque

Les cotisations que nous et notre employeur versons chaque mois seraient transformées en points. La pension est déterminée par la valeur de liquidation (ou valeur de service) du point. Ces deux valeurs varient chaque année. Les mécanismes de fixation de la valeur du point sont encore inconnus. Cependant une chose est certaine le montant des retraites pourrait varier chaque année et la valeur du point peut être réduite à chaque moment.
De plus, selon les premières simulations ce système entrainerait une brutale baisse des pensions de retraite. La FSU s’est livrée à quelques calculs : (http://fsu.fr/La-retraite-par-points-machine-a-diminuer-les-pensions.html)
Pour un professeur de collège, avec une carrière de 43 ans, la pension est amputée de 800 euros par mois, près de 400 euros à 40 ans de carrière et 150 euros pour 38 ans de carrière.Enfin la notion de nombre de trimestres disparaîtrait, un âge de départ possible serait maintenu, à 62 ans a priori, avec de possibles systèmes de « minorations » des pensions jusqu’à un âge « pivot », bien au-delà de 62 ans. La nécessité de poursuivre sa carrière bien au-delà de l’âge légal risque de devenir la norme pour ceux qui souhaiteront toucher une retraite permettant de vivre.

La seconde lame : le régime unique

Autre proposition contenue dans le rapport Delevoye : fusionner les 42 régimes de retraite actuel en un seul baptisé régime universel. La réforme se ferait sur la base du slogan de campagne d’Emmanuel Macron « un euro cotisé donne les mêmes droits ». Ce slogan simpliste pose de nombreuses questions.
Les mêmes droits, peut-être, mais quels droits ? Aujourd’hui, le système de retraites, même dégradé par les réformes, permet d’acquérir des droits qui s’expriment en pourcentage du meilleur salaire : on sait qu’en partant à tel âge, on aura tel pourcentage du traitement des 6 derniers mois dans la fonction publique ; les 25 meilleures années dans le privé ; c’est ce qu’on appelle le taux de remplacement.
Avec un nouveau système par points, plus aucun objectif de cet ordre n’existerait : seule compte la valeur du point, qui varie d’une année sur l’autre. Dit autrement, on peut très bien se retrouver avec des pourcentages très faibles de son meilleur salaire dès lors que la valeur du point baisse.

Autre question à poser : que se passe-t-il quand l’euro n’est pas cotisé ?

Aujourd’hui, quand on interrompt son activité pour congé maternité, parental, chômage, etc, il existe des systèmes de majorations en termes de nombre de trimestres. Qu’en serait-il dans un nouveau système où l’euro cotisé est la mesure de toute chose ? Delevoye tente de rassurer en disant que des « points gratuits » seront donnés, mais sur quelle base le seront-ils ? (par exemple donnerait-on un forfait de points par enfant ou donnerait-on le nombre de points correspondant au meilleur salaire du salarié). Qu’en serait-il des pensions de réversion, c’est à dire les pensions versées au conjoint survivant… Autant de points sur lesquels le gouvernement ne donne pour l’instant aucune précision.

Autant d’éléments qui font que la mobilisation s’amplifie contre cette réforme des retraites, l’appel à la grève illimitée à la RATP à partir du 5 décembre semble déjà recevoir des échos favorables du côté de la SNCF. 1995 bis repetita ? Comme un hommage après la disparition de Jacques Chirac.

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