CAP : les raisons de la colère

Les délégués CGT du personnel municipal ont consulté les dossiers d’évaluation des agents dans le cadre de la promotion interne et ils ont relevé un nombre considérable d’anomalies dans leur traitement.

Les élu.e.s CGT du personnel municipal ont travaillé d’arrache-pied à l’étude des dossiers d’évaluation des agents et ont découvert un trop grand nombre d’anomalies qui jettent le trouble alors que doit avoir lieu dans quelques jours la Commission Administrative Paritaire (CAP). Cette instance présidée par le maire d’Aubagne Gérard Gazay entérinera les choix proposés par son administration générale même si, sur le fond comme sur la forme, les règles en matière d’équité, de bienveillance et de respect des uns et des autres ont été foulées au pied.

Peu conforme à ce que l’on peut attendre d’une administration, la mise en place de la nouvelle procédure d’évaluation des agents relève d’un amateurisme inacceptable dont nombre d’agents subiront les conséquences. Fabriquée dans le laboratoire de la direction des ressources humaines sans que l’expérience et le savoir-faire des élu.e.s du personnel aient été convoquées, cette nouvelle mouture parfaitement indigeste de feu l’entretien annuel a décontenancé le personnel encadrant et, laissé sur le carreau nombre d’agents de catégorie C, notamment parmi celles et ceux promouvables au grade d’agent de maîtrise. Certains agents ont dû apposer leur signature au bas de la fiche d’évaluation dans un couloir et parfois dans la précipitation sans avoir été reçus par leur supérieur hiérarchique direct. C’est aussi dans la précipitation et en dépit du bon sens que cet « entretien annuel au cœur du dispositif RH » a été mis en œuvre, les évaluateurs ne disposant pas eux-mêmes d’un niveau d’information suffisant pour en comprendre toutes les « subtilités ».

Des évaluations effectuées sans aucune fiche de poste, des quotas erronés et des critères faisant fi de la technicité, de la spécificité du poste et de l’ancienneté, sont autant de motifs de discorde entre l’administration générale et les représentants CGT du personnel. Ces derniers avaient formulé des propositions pour un traitement équitable des agents mais l’administration générale a campé sur ses positions et c’est bien l’intransigeance du maire d’Aubagne et président de la CAP Gérard Gazay qui a provoqué le report de la CAP du 28 juin dernier contrairement à ce qu’un syndicat aux ordres affirme dans sa communication.

Des critères faisant fi de la technicité, de la spécificité du poste et de l’ancienneté

Des anomalies et pas des moindres sont apparues au moment de la consultation des dossiers comme ces modifications apportées à grands coups de blanc correcteur par des responsables zélés alors même qu’une case leur est réservée pour noter leurs observations. En outre, la direction des ressources humaines la mal-nommée s’est autorisée à interpréter l’avis du chef de service lorsque ce dernier n’avait pas exprimé clairement son opinion, voire pas du tout, pour infirmer le résultat d’une grille d’évaluation qui aurait dû être favorable à l’avancement de l’agent.

Malgré l’avis favorable de leurs supérieurs hiérarchiques, des agents n’ont pas été proposés à un avancement de grade sans aucune justification. D’autres qui avaient reçu un avis favorable « prioritaire » lors de la dernière promotion interne se voient cette fois apposer la mention « non proposé » sans aucune raison circonstanciée.

Bref, on le voit, tout cela a un fort impact sur l’évolution de carrière des agents. Un tel dispositif aurait mérité plus de transparence dans sa mise en œuvre. En écartant de cette dernière les représentants du personnel et leur expertise, la municipalité a créé les conditions d’un conflit dont tout le monde se serait bien passé. À commencer par les salariés eux-mêmes qui éprouvent de plus en plus de difficulté à exercer leurs missions avec la foi chevillée au corps. Le mépris et la suffisance ne peuvent engendrer qu’exaspération et colère. Contrainte à un rapport de forces pour faire entendre la voix des salariés, l’intersyndicale CGT/FSU appelle l’ensemble des agents du service public municipal à un débrayage le 16 octobre pour soutenir les revendications des élu.e.s du personnel qui doivent siéger à la CAP.

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