Les pauvres suent ? Sus aux pauvres !

Services publics à dépecer, grande foire au saucissonnage des collectivités, braderie des hôpitaux, protection sociale à la découpe, le grand rêve américain se concrétise grâce à ce gouvernement, ses laquais et ses donneurs d’ordres, dans un bruit assourdissant de tirs de Flashball et dans un nuage épais de lacrymogène.

Tout va bien dans la Start Up Nation, le hold up sur nos cotisations retraite, santé, chômage, se déroule sans accroc, les bandits à cols blancs s’en mettent plein les poches et se préparent à affronter le dérèglement climatique dans des bunkers paradisiaques.

Les pauvres n’ont qu’à bien se tenir… Le discours bien rodé depuis 2 siècles fonctionne encore. Malgré leurs conditions d’exploités, les salariés voient leur condition de vie et de travail se dégrader, perdant du pouvoir d’achat et voyant le coût de la vie augmenter, ils fustigent les « encore plus pauvres qu’eux » au lieu de s’adresser aux pilleurs de nos richesses : la finance, les industriels, les gouvernements complices qui constituent le gratin du capitalisme décomplexé. On ressert le mythe du déficit public pour bloquer les salaires de la fonction publique et sabrer le Code du Travail, baisser l’assurance chômage, les retraites, la sécurité sociale, les budgets des hôpitaux…etc.

Ce système est à bout, son seul espoir est d’installer avec un vernis démocratique des marionnettes nationalistes qui pensent encore que quelques réfugiés fuyant la mort peuvent déstabiliser un pays. Eux auront accès au crédit et ne subiront pas d’embargo (Italie, Brésil, Pologne, Israël …) tandis que tout système anticapitaliste subira sanctions et privations : saisie des comptes, accaparement des richesses, campagne de diabolisation (l’exemple du Vénézuela), même à petite échelle (SCOPTI).

C’est ce à quoi sont soumis les services à la population et les salariés qui le délivrent ; pour avoir accès aux aides, aux services, aux prêts bancaires, il faudra montrer son obédience au système d’exploitation mis en place.

L’exemple de Pôle Emploi

Il ne suffit pas d’avoir été privé de son emploi, parfois dans des conditions dignes de Germinal (harcèlement, licenciements abusifs, pression, burn out, discrimination, pour avoir ouvert sa gueule…), il faut montrer qu’on accepte sa condition et qu’on fera les efforts nécessaires pour rentrer dans le moule. Dès l’inscription, on vous sensibilise aux codes de l’entreprise : comment bien se présenter, comment bien s’habiller, comment bien se coiffer, se maquiller, quelles phrases types utilisées, quel CV présenter, quelle motivation (dévotion) pour accepter n’importe quel emploi sous peine de sanction.

Demandeur d’emploi est devenu un métier : présence obligatoire, disponibilité immédiate, projet adapté au marché du travail, prétention salariale nulle. Pôle emploi a intégré le discours et les outils du dogme libéral ; si vous n’avez pas d’emploi, c’est parce que vous êtes trop exigeant ! Problème de garde d’enfant ? pas son problème. Problème de véhicule ? pas son problème. Problème de santé ? pas son problème. Problème familial ? pas son problème. Alors qu’il existe plus de 3 millions de chômeurs sans emploi et plus de 2 millions dans des emplois précaires, il n’y a que 350.000 offres d’emploi disponibles…alors comment faire ?

Battez-vous entre vous !

Les règles de sanctions se sont durcies sans justification, de façon unilatérale et par décret. Exit le dialogue social. Les règles de calcul des indemnités vont encore accentuer la précarité des gens privés d’emploi et la réforme des retraites va encore augmenter le nombre de personnes enregistrées à Pôle Emploi, sans grande chance d’en retrouver (après 45 ans vous êtes vieux pour une entreprise, alors 60 et plus…).

Toutes ces mesures sont présentées sous le prisme de la sacrosainte économie nécessaire pour combler le déficit abyssal des comptes publics…que les gouvernements creusent depuis 40 ans. Ces logiques provoquent bien l’effet inverse, les dégâts sociétaux qu’elles créent provoquent bien plus de dépenses qu’elles ne permettent d’économies, ce qui permet de remettre le couvert tous les 3 ans, reproduisant à merveille le mythe de Sisyphe et validant la stratégie du choc .

Croire que les dirigeants, économistes, gouvernements successifs ne le savent pas, c’est les prendre pour plus bête qu’ils ne sont mais surtout, c’est se voiler la face.

Y a-t-il une solution ?

Des solutions alternatives de progrès existent, mais il ne faut pas compter sur les chiens de garde pour les médiatiser. Notre seule arme et notre seule visibilité passe par la mobilisation, l’audace et la créativité, la désobéissance civile lorsqu’elle est nécessaire, la communication par le verbe et l’échange. Alors, vous êtes prêts ?

Un commentaire

  • OUI, JE SUIS PRET !
    Prêt à m’opposer à l’autorité, m’opposer à la puissance publique, prêt à prendre des coups mais à pouvoir en donner. Prêt à me faire entendre et à demander mon dû !
    Prêt à sacrifier mes petit « à coté » immédiats pour enfin vivre dans un monde respectueux et décent.
    Prêt pour lutter pour laisser une planète humaine à nos enfants.

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