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Ville d’Aubagne : À l’aube d’un printemps électoral

Le 23 janvier, le syndicat CGT des employés municipaux invitait ses membres à partager le verre de l’amitié à l’occasion de la nouvelle année. Dans un discours offensif, le secrétaire général a encouragé les syndiqués à mobiliser autour d’eux pour combattre avec vigueur toutes les injustices.

Contexte oblige, jamais une cérémonie des vœux n’a été aussi offensive. Le 23 janvier, le secrétaire général du syndicat CGT des employés de la Ville d’Aubagne Moncef Ferchichi a d’abord rappelé la situation particulièrement tendue dans laquelle le pays est plongé avant d’encourager les salariés présents à ne pas baisser les bras : « Un an vient de s’écouler avec le constat accablant que le gouvernement Macron est bien celui des plus riches. Le président est bien le chargé de mission de la caste d’en haut, celle qui se gave de dividendes jusqu’à la nausée ».

S’appuyant sur les chiffres publiés il y a quelques jours par l’organisation Oxfam qui, dans son rapport annuel, constate que les inégalités en France n’ont jamais été aussi criantes (50% des richesses de notre pays sont détenues par 1% de la population), il dénonçait la violence du gouvernement Macron poursuivant au pas de charge les réformes antisociales enclenchées par les gouvernements libéraux précédents : « C’est tout l’héritage du Conseil National de la Résistance qui est mis en lambeaux. La sécurité sociale fut créée en 1945 dans un pays ruiné par les années de guerre et on voudrait nous faire croire aujourd’hui dans un pays qui compte de plus en plus de milliardaires, dans un pays où les profits des grandes entreprises n’ont jamais été aussi confortables, dans un pays où l’indécence des actionnaires du CAC 40 est à la hauteur de la pauvreté qui touche de plus en plus de nos concitoyens, on voudrait nous faire avaler que dans ce pays-là il n’y aurait pas d’argent pour financer les retraites de celles et ceux qui ont travaillé et cotisé toute leur vie ».

Il dénonçait également la volonté du gouvernement de détruire le statut de la fonction publique avec la loi dite de « transformation » dont l’objectif inavoué est de mettre sur le marché les services à la population tout en décourageant les résistances. Une politique qui a trouvé ici à Aubagne un relai local dans la municipalité Gazay : « La privatisation de la Cuisine centrale, la fermeture de la MJC, le déménagement du PIJ qui ressemble à une mise en boîte, la disparition du CLAM au profit d’un organisme privé dont nous ne contrôlons absolument rien et qui continue à encaisser l’argent public destiné aux œuvres sociales des agents municipaux, tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg ».

« Nous pouvons être fiers de ce que nous sommes, de ce pourquoi nous nous battons »

Et de poursuivre : « En coulisses il y a le harcèlement moral et physique des agents dont le profil ne correspond pas à ce que notre administration attend en termes de docilité. Il y a les discriminations, du jamais vu auparavant, selon que vous soyez proche de telle ou telle organisation syndicale, selon votre degré d’allégeance. Car soyez en sûr nous ne sommes pas jugés aujourd’hui sur une échelle de compétences, mais bien sur une échelle d’allégeance. Et ce ne sont pas toujours les meilleurs qui prennent le manche. Ajouter à cela la dégradation des conditions de travail et vous obtenez un cocktail explosif qui, pour le moment, se traduit par la mise en danger des agents avec davantage de risques psycho-sociaux, une explosion des arrêts-maladie, un mal-être perceptible dans beaucoup de services, un mal-être qui ronge de l’intérieur et conduit souvent à ce que l’on appelle le « burn-out », autrement dit une dépression ».

Dans un discours offensif, il appelait les salariés à ne pas baisser les bras : « Résister, c’est considérer qu’il y a des choses scandaleuses autour de nous et qui doivent être combattues avec vigueur. C’est refuser de se laisser aller à une situation qu’on pourrait accepter comme malheureusement définitive ». Le résultat des élections professionnelles de décembre 2018 qui ont donné une large majorité aux listes CGT est un motif de satisfaction qui, selon lui, doit indiquer la direction à suivre : « Ces élections nous ont confortés et motivés dans notre démarche syndicale à continuer le combat malgré les attaques incessantes de la municipalité envers tous les agents engagés (…) Nous tous ici nous pouvons être fiers de ce que nous sommes, de ce que pourquoi nous nous battons, pour nous, pour nos enfants, pour l’avenir de notre collectivité ».

Évoquant l’arrivée prochaine d’un « printemps électoral », il souhaitait enfin des jours meilleurs en 2020 et « que les graines que nous avons planté en décembre 2018 en emportant les suffrages de nos collègues lors des élections professionnelles, se transforment en de beaux lendemains solidaires, citoyens et humanistes ».

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